Le vilain

21 12 2009

12/20

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Réalisé par Albert Dupontel
Avec Albert Dupontel, Catherine Frot, Bouli Lanners

Comédie

Un braqueur de banques, le Vilain, revient après 20 ans d’absence se cacher chez sa mère Maniette. Elle est naïve et bigote, c’est la planque parfaite. Mais celle-ci découvre à cette occasion la vraie nature de son fils et décide de le remettre dans le ” droit chemin “. S’ensuit un duel aussi burlesque qu’impitoyable entre mère et fils.

Vous avez aimé Bernie ? Vous aimerez le Vilain. Pour les autres, abstenez-vous je pense. Non pas que ce soit un mauvais film, mais il y en a tellement d’autres (a priori) meilleurs en ce moment à l’écran…

Trève de plaintes, j’lui ai mis la moyenne, donc c’est que ça n’était pas si mal !

Le propre de la comédie est de faire rire, et Albert Dupontel parvient à faire travailler nos zygomatiques au début particulièrement. Les changements de rythmes, notamment entre la présentation de sa mère et la sienne, sont vraiment cocasses. Notons que la musique y est pour beaucoup !

Le scénario en lui-même est simple mais assez loufoque : une vieille dame veut mourir mais pense que Dieu l’en empêche à cause de son fils. Tout tenter pour le ramener sur le droit chemin est donc son ultime objectif, tout en sachant qu’elle n’y va pas de main morte. Le but est certes beau et louable, mais les moyens pour y arriver beaucoup moins ! Sidney est sans doute le méchant de l’histoire, mais sa mère, incarnée par Catherine Frot, n’est pas tendre non plus. Albert Dupontel en fou dingue, ça lui va bien et on le sait ! Il a toujours le don pour s’enlaidir et se métamorphoser en repoussant bonhomme (le personnage dans le fauteuil à la fin est à mourir de rire !), mais Catherine Frot en mère accablée et limite cruelle, c’est plus original et justement interprété !

C’est au final le scénario, ou la deuxième moitié du scénario qui plombe un peu l’ensemble… Les deux se détestent, usent de toutes les ruses pour se le faire comprendre, voire se tuer… et alors ? Alors c’est un peu lourd et pas franchement convaincant.

Pour résumer vous l’aurez compris, belles interprétations, un bon moment en perspective mais l’ensemble, bien qu’assez drôle, ne nous laisse ni les abdos en bouillie, ni un souvenir impérissable.

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(500) jours ensemble

7 11 2009

17/20

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Réalisé par Marc Webb
Avec Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel, Clark Gregg

Tom croit encore en un amour qui transfigure, un amour à la destinée cosmique, un coup de foudre unique. Ce qui n’est pas du tout le cas de Summer. Cela n’empêche pourtant pas Tom de partir à sa conquête, armé de toute sa force et de tout son courage, tel un Don Quichotte des temps modernes. La foudre tombe le premier jour, quand Tom rencontre Summer la nouvelle secrétaire de son patron, une belle jeune fille enjouée.
Au 31ème jour, les choses avancent, lentement. Le 32ème jour, Tom est irrémédiablement conquis, pris dans le tourbillon étourdissant d’une vie avec Summer. 185 jours après leur rencontre, la situation est de plus en plus incertaine - mais pas sans espoir. Alors que l’histoire fait des allers-retours au sein de la relation parfois heureuse, mais souvent tumultueuse de Tom et Summer, le récit couvre tout le spectre de la relation amoureuse, du premier coup de coeur aux rendez-vous, du sexe à la séparation, à la récrimination et à la rédemption et décrit toutes les raisons qui nous poussent à nous battre aussi ardemment pour arriver à trouver un sens à l’amour… Et, avec un peu de chance, à en faire une réalité.

« Trop court », telle fut ma première réaction quand les lumières se sont rallumées. Et ça n’est pas anodin en ces temps maussades…

Sans prétention aucune, (500) jours ensemble est un bon petit film comme il est si plaisant d’en voir. On ne s’attend à rien en particulier, ou pour les plus critiques, à une énième comédie romantique culcul. Et pourtant… on en ressort charmé ! Pour les filles, c’est évidemment le romantique Tom (Joseph Gordo-Levitt, pas forcément mignon mais très charmant !) qui fera chavirer les cœurs, et la sauvage Summer (Zoey Descanel) qui intriguera et mènera en bourrique tous ces doux mâles. Sur un ton décalé et un schéma narratif original, une histoire d’amour, ou de non-amour nous est contée, sans pour autant ennuyer ni apitoyer. C’est plutôt avec humour et expérience (tout cela sent le vécu !) que Marc Webb nous présente ce sympathique petit film. Inversant le schéma traditionnel de la nana bébête en quête du prince charmant et du mâle en mal d’aventures sexuelles, on approche bien le sentiment amoureux, la difficulté d’être sur la même longueur d’ondes et celle de s’engager.

Bref à tout vous disséquer, je ne sers pas le film qui est pourtant un brin déluré et sans prise de tête, comme je les aime !

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L’Affaire Farewell

6 11 2009

17/20

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Réalisé par Christian Carion
Avec Emir Kusturica, Guillaume Canet, Alexandra Maria Lara

Thriller, Drame, Film historique

Moscou, au début des années 80, en pleine Guerre Froide.
Sergueï Grigoriev, colonel du KGB déçu du régime de son pays, décide de faire tomber le système. Il prend contact avec un jeune ingénieur français en poste à Moscou, Pierre Froment. Les informations extrêmement confidentielles qu’il lui remet ne tardent pas à intéresser les services secrets occidentaux.
Mitterrand lui-même est alerté et décide d’informer le président Reagan : un gigantesque réseau d’espionnage permet aux Soviétiques de tout connaître des recherches scientifiques, industrielles et militaires à l’Ouest ! Les deux hommes d’Etat décident d’exploiter ces données ultra sensibles transmises par une mystérieuse source moscovite que les Français ont baptisée : ” Farewell “.
Homme sans histoires, Pierre Froment se retrouve alors précipité au coeur de l’une des affaires d’espionnage les plus stupéfiantes du XXème siècle. Une affaire qui le dépasse et qui menace bientôt sa vie et celle de sa famille…

Emiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir. Ou surtout Guillauuuuuuuuuuume. Je suis dans ma période « groupie ». Désolée. Hm hm, un peu de sérieux. C’est quand même un film historique. Donc réel. Et grave qui plus est.

C’est Christian Carion qui s’y colle - après un très beau Joyeux Noël paraît-il (non pas de lancers de tomates, pas taper, je le verrai dès que possible…) - et qui signe là un film historique comme on en voit rarement : touchant et prenant aux tripes. Il parvient à nous emmener dans la Russie de la guerre froide, celle qu’un homme a décidé de changer en livrant des informations secrètes à la France. Ce qu’il en a été réellement, je n’en sais fichtrement rien. Mais le rendu du film est tellement bon, qu’on a envie d’y croire dur comme fer. Tout du long, Pierre et Sergueï n’auront de cesse de se battre, tantôt par devoir moral, tantôt pour sauver leur couple, sans jamais pouvoir concilier véritablement les deux. Le réalisateur nous met face à deux hommes, époux et maris attentionnés mais un brin déluré, en proie à l’incertitude. Quant à leur mission, ils ne sont que deux à la connaître et à véritablement la comprendre : pour aider l’Union Soviétique il faudra la trahir !

De A à Z, ou plutôt de mai 1981 à 1984, on a l’irrépressible envie de les aider, de les soutenir dans leur mission qui aura, sans qu’ils ne le sachent véritablement, un rôle décisif dans la fin de la guerre froide. On éprouve avec eux les doutes, les mensonges et la distance s’instaurant avec leur famille respective. Un sentiment d’injustice mêlé de courage se fait sentir durant tout le film, qui livre là un pan non négligeable et particulièrement intéressant d’une période clé de l’Histoire mondiale.

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The Informant

27 10 2009

09/20

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Réalisé par Steven Soderbergh
Avec Matt Damon, Scott Bakula, Joel McHale

Comédie, thriller

Quelle mouche a donc piqué Mark Whitacre ? Pourquoi un des cadres supérieurs les plus brillants du géant agroalimentaire Archer Daniel Midlands (ADM) décide-t-il soudain de dénoncer les pratiques de sa société et de devenir le chevalier blanc du consommateur ? Se prend-il pour un justicier ? Un héros ? Espère-t-il une médaille ou la reconnaissance éternelle du bon peuple ?
Avant d’obtenir tout cela, Whitacre va devoir fournir au FBI des preuves concrètes des manoeuvres illicites d’ADM. Porter un micro, jouer les agents secrets… L’ennui, c’est qu’il a
tiré lui-même des profits non négligeables des dites manoeuvres, et que son témoignage, pour le moins… fluctuant, risque fort de compromettre le travail des enquêteurs. Peut-on se fier à cet homme à l’imagination galopante? Y a-t-il la moindre parcelle de vérité dans ses allégations ?

Vous devez vous dire que je ne vais plus très souvent au cinéma. C’est en partie vrai. Mais mis à part mon manque de temps, et les tarifs répulsifs des cinémas lillois, je vous avouerai que les films à l’affiche n’étaient pas non plus à la hauteur dernièrement.

‘The Informant’ en fait donc partie…

C’est toujours mon problème lorsque je n’aime pas un film : les arguments ne me viennent pas. Pourquoi se creuser la tête à expliquer ce qui est mauvais, et pourquoi repenser à ce qui est nul alors que je passe à côté de milliers de bons films ? Une question récurrente mais on va essayer de se forcer !

Pour ce qui est des points positifs, il vous suffit de regarder la bande annonce. Soyons honnêtes, elle est bonne ! Pas très étonnant quand on la revoit après le film : elle compile les meilleures scènes en seulement 2 minutes… autant vous dire qu’on s’ennuie durant les 105 minutes restantes !

Drôle par son côté gaffeur, et menteur comme un arracheur de dents (j’aime bien sortir des expressions de dessous les fagots ;)), Mark Whitacre, interprété par Matt Damon, est complètement ingérable. On est censé le suivre partout (maison et boulot) mais on en apprend pas plus de lui. Et donc pas plus du film. On comprend juste qu’il fait n’importe quoi, avec n’importe qui et qu’il raconte n’importe quoi à propos de sa société à n’importe qui !

En plus d’être sans intérêt, ‘the Informant’ m’a laissé un sentiment amer : enfin, avec les films de Soderbergh, j’ai toujours la désagréable sensation d’être stupide… Que cela soit dans Syriana, ou Ocean’s twelve, le scénario me laisse toujours perplexe, et me plonge dans un vaste océan d’incompréhension. J’arrive très rarement à suivre la trame et l’intrigue, tant elles sont floues et tarabiscotées. ‘The Informant’ ne faillit pas à cette règle, et j’en suis donc ressortie dépitée et confuse (comme le film d’ailleurs)…

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La Vie devant soi, de Romain GARY

17 10 2009

16/20

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Madame Rosa, une vieille juive qui a connu Auschwitz et qui, autrefois, se défendait (selon le terme utilisé par Momo pour signifier prostitution) rue Blondel à Paris, a ouvert « une pension sans famille pour les gosses qui sont nés de travers », autrement dit une pension clandestine où les dames qui se défendent abandonnent plus ou moins leurs rejetons. Momo, jeune Arabe d’une dizaine d’années, raconte sa vie chez Madame Rosa et son amour pour la seule maman qui lui reste, cette ancienne respectueuse, grosse, laide et qu’il aime de tout son cœur. Le jeune homme accompagnera la vieille femme dans ses derniers jours.

Inculte que je suis, c’était la première fois que je lisais un Romain Gary. C’est donc avec bonheur que j’ai découvert son 2ème Goncourt (eh oui, ce grand monsieur a reçu par deux fois ce prix puisqu’il a écrit « la vie devant soi » sous le pseudo d’Emile Ajar.).

Comment ne pas aimer un livre qui commence par cette citation :

« Ils ont dit : ‘ Tu es devenu fou à cause de Celui que tu aimes. ’

J’ai dit : ‘La saveur de la vie n’est que pour les fous’. »

Entrons toutefois dans le vif du sujet : Madame Rosa et Mohammed. Ce dernier est le narrateur du récit, déjanté et touchant ; un môme de 14 ans, balloté par la vie. Orphelin, il aurait préféré avoir un père « bon proxynète » qui se serait occupé de sa mère plutôt qu’un héros de la guerre d’Algérie. Entouré de prostituées et de « personnes usagées », il nous livre avec un cynisme et réalisme fou, sa vie.

« Enfant de pute », le petit Momo est confronté à des réalités incensées. Tracassé par la santé de Madame Rosa, il est décidé à lui faire profiter de ses vieux jours. Il propose alors à Monsieur Hamil, un vieux marchand de tapis du quartier, d’épouser Madame Rosa :

«- Je l’aurais peut être épousée il y a cinquante ans, si je la connaissais mon petit Mohammed.

- Vous vous seriez dégoutés l’un de l’autre en 50 ans. Maintenant, vous pourrez même plus bien vous voir et pour vous dégouter l’un de l’autre, vous n’aurez plus le temps.

- Et que ferions-nous quand nous serions mariés ?

- Vous avez de la peine l’un pour l’autre, merde. C’est pour ça que tout le monde se marie. ». p. 140

Sa vision de la vie, et notamment de la vie à deux, très tranchée, rend ce gamin attachant et désespérant par son cynisme :

« Je me disais que ce serait une bonne chose de faite [..] car c’était de leur âge et ils pourraient se détérioriser ensemble, ce qui fait toujours plaisir. » p. 139.

Toutefois, la santé de Madame Rosa va très vite se détériorer, et la vieille Juive répètera à Momo qu’elle ne veut plus souffrir. C’est donc avec détermination que Momo la défendra, ne comprenant pas qu’elle ne puisse pas se faire avorter [comprenez 'mourir'].

« Moi aussi, si je pouvais choisir, j’aurais pris ce qu’il y a de mieux et pas une vieille Juive qui n’en pouvait plus et qui me faisait mal et me donnait envie de crever chaque fois que je la voyais dans cet état. Si Madame Rosa était une chienne, on l’aurait déjà épargnée mais on est toujours beaucoup plus gentil avec les chiens qu’avec les personnes humaines qu’il n’est pas permis de faire mourir sans souffrance. »

« Madame Rosa a le droit sacré des peuples à disposer d’eux-mêmes, comme tout le monde. Et si elle veut se faire avorter, c’est son droit. »

« Moi je trouve qu’il n’y a pas plus dégueulasse que d’enfoncer la vie de force dans la gorge des gens qui ne peuvent pas se défendre et ne veulent plus servir ».

Des passages chocs, et encore plus dans la bouche d’un enfant ! Mais ne croyez pas pour autant que ce livre est triste. C’est une sorte d’hymne à la vie. Pas celle des beaux quartiers mais celle des causes perdues, des laissés pour compte.

Le personnage de Madame Lola tient notamment une grande place. Vu comme quelqu’un « qui ne ressemblait à rien » par Momo, elle est le seul Sénégalais à beaucoup plaire car « elle a à la fois des belles niches et un zob ». Vous aurez donc compris qu’après l’euthanasie et la prostitution, Gary aborde aussi la transsexualité avec légèreté et humour :

« Madame Lola est très belle pour un homme sauf sa voix qui date du temps où elle était champion de boxe poids lourds, et elle n’y pouvait rien car les voix sont en rapport avec les couilles et c’était la grande tristesse de sa vie. » p. 243

Romain Gary fait le pari risqué d’aborder des thèmes sensibles et pénibles, via la vie d’un enfant. Le tout, traité dans un autre livre, serait passé pour de la provocation pure et dure. Or, loin d’être pleurnichant et moralisateur, « La vie devant soi » est une grande claque.

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Fish Tank

30 09 2009

16/20

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Réalisé par Andrea Arnold

Avec Katie Jarvis, Kierston Wareing, Michael Fassbender

Drame

A 15 ans, Mia est une adolescente rebelle avec une unique passion : la danse hip hop. Un jour d’été, sa mère rentre à la maison avec un nouvel amant, Connor, qui s’installe chez elles. Est-ce enfin une promesse de bonheur ou bien un leurre ?

Loué par le Festival de Cannes et réalisé par une presque inconnue, « Fish Tank » est un film intéressant. Dans la veine des petits films tels « Little Miss Sunshine » ou « Juno », il a le mérite de nous montrer l’envers du décor, de pays riches en apparence, mais surtout riches de  pauvreté. Une réalité pas belle à voir et qui est pourtant sublimée par la manière de filmer. Azariel vous expliquerait avec des termes très précis et techniques le pourquoi du comment ; de mon côté, je peux seulement vous dire que ce film est beau. Et touchant aussi. Et ce dès la première image qui m’a marquée.

Un peu lent au départ, l’intrigue se met doucement en place pour mieux nous installer dans le quotidien de Mia. Vivre dans un tel quartier, avec une mère-ado et un père tout simplement inconnu ne nous tire pas pour autant les larmes des yeux, et ça n’est d’ailleurs pas le but. Le spectateur n’est pas invité à la comprendre, mais plutôt à l’observer, elle et son caractère si lunatique, ses accès de colère si violents et son refus total d’obéir.

Une ado rebelle comme on en voit si souvent vous me direz. Mais Mia est loin d’être un simple stéréotype sans vie : Katie Jarvis l’incarne avec force et sincérité. Repérée sur le quai d’une gare, la jeune fille de 17 ans, sans emploi ne savait ni danser, ni jouer la comédie mais a été choisie pour être elle-même… Et quelle révélation ! Dans la film, sa rencontre avec Connor va se faire avec violence et distance, le désir s’insinuant sournoisement pourtant dès le départ. Une relation ambiguë qui m’a troublée et m’a interrogée : ai-je les idées mal placées en pensant que quelque chose se passe entre les deux personnages ? S’installe alors un sentiment de voyeurisme et de perversion qui met le spectateur mal à l’aise, tout comme Mia peut l’être vis-à-vis de son ‘beau-père’.

Un film que j’allais dire « tout en subtilité » (bien que j’ai pu y réviser toute ma liste d’insultes anglaises !) qui nous plonge dans le rude monde de Mia, cet ado paumée et en mal d’amour. Un film un peu lent mais surtout social, comme je les aime ! Le seul petit hic, sa passion pour le hip-hop m’a laissé de marbre : pour quelqu’un qui a une unique passion et même occupation, j’ai trouvé que son niveau était vraiment faible… et n’y ai pas vraiment cru.

Tout comme Audrey Estrougo l’avait fait avec « Regarde-moi », Andrea Arnold ne se contente pas de raconter une histoire triste, se passant en banlieue. Elle met les deux pieds dedans et les deux mains dans le camboui (qui s’appelle ici misère, détresse, ou excès).

PS : ‘Fish Tank’ signifie ‘aquarium’… je viens seulement de chercher et ai appris un nouveau mot :)

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Le Coach

28 09 2009

13/20

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Réalisé par Olivier Doran

Avec Jean-Paul Rouve, Richard Berry, Anne Marivin

Comédie

Chêne est un coach renommé qui accumule les succès professionnels. Mais c’est aussi un joueur invétéré qui a des dettes colossales. A bout de patience, sa femme le quitte.
Pris à la gorge par ses créanciers, Chêne accepte un contrat qui peut le sauver : coacher à son insu Marmignon, un directeur très singulier qui semble être le pire coaché imaginable.

C’est sans grande envie que je suis allée voir « le Coach », profitant de ma place offerte par le rallye organisé à Roubaix pour la promo Infocom. En même temps, je me disais que cela faisait longtemps que je n’avais pas vu une bonne comédie française…

Alors me voilà dans mon fauteuil, à patienter sans savoir ce qui m’attend. Et ma foi, ça n’était ni très bon ni trop mauvais. Une petite comédie désaltérante on va dire !

D’abord, parce qu’il faut toujours se débarrasser de ce qu’on n’aime pas faire, les défauts : je ne peux m’empêcher de le dire, et pourtant je n’ai rien contre elle, Manaudou ne pourra PAS se reconvertir dans le cinéma. Ou si elle le veut, je l’en empêcherai ! 1 minutes grand max à l’écran, et déjà, elle n’est pas crédible.

Bref, là n’est pas l’essentiel mais il fallait rétablir les choses à leur place (une pause c’est une pause Laure, pas la peine de faire du ciné si t’as même plus envie de nager ;)). Revenons-en à nos moutons : au niveau du scénario, l’idée était bonne mais le tout est un peu lourdaud voire même un peu long (pourtant, ça n’est qu’une heure et demie).

Bon, sinon les points forts, bah on se marre bien quoi ! J’aime déjà beaucoup Jean-Paul Rouve avec ses rôles toujours un peu cucul (Nos jours heureux…) et Richard Berry est particulièrement drôle dans le rôle du mec cynique et exaspéré. Les scènes où le coach (Chêne) essaie de cerner Marmignon sont mythiques, avec le fameux,

- Quand je vous dis enfance, vous pensez à quoi ?

- ‘Chaussetttes’

- ‘Chaussettes’ ?

- Oui, ‘chaussettes’ !

-   Et pourquoi ‘chaussettes’ ?

- Vous me dîtes de penser à l’enfance, ben l’enfance pour moi c’est ‘chaussettes’. Les chaussettes dans les sandalettes, ma mère m’obligeait à en porter…..

Ou encore, les mises en situation dans la librairie pour séduire…

[approche d'une jolie fille qui a un bouquin dans la main, et amorce du dialogue par :]

« Ah, je n’ai jamais réussi à finir ce livre… » Pas mal comme entrée en matière, sauf quand la fille en question à un album de Oui Oui dans la main.

Bref dit comme ça, JE SAIS ce que vous devez vous dire, « c’est pas très très drôle hein »… Mais SI. C’est juste que c’est moi qui raconte mal !

Alors évidemment, si vous avez quelques euros à dépenser, et avez déjà vu Inglorious Basters, vous pouvez aller voir le Coach, mais seulement à cette condition !

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Le Voyage d’hiver d’Amélie NOTHOMB

21 09 2009

12/20

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‘Il n’y a pas d’échec amoureux.’ Zoïle s’apprête à se faire exploser dans un avion. Dans l’aéroport, dans l’attente, il raconte… l’amour, la femme, les raisons de son geste…


Amélie Nothomb signe là un roman excitant en son début et très ambitieux à mes yeux, mais qui laisse au final le lecteur sur sa faim. Donner la plume à un futur terroriste m’a semblé une idée excellente et surtout audacieuse. Tant et si bien que le résultat n’est pas convaincant. Orchestrer un attentat en raison d’une peine de cœur… là est tout le nœud de l’histoire. Un nœud pas très bien ficelé en vérité !

Comme tout le temps chez Nothomb (et ça relève le niveau d’ensemble) certaines petites phrases font mouche telle le « je me blottis dans tes mots » d’Aliénor, l’écrivain autiste ; ou l’incontestable « les femmes aiment toujours à contre-temps ».

Outre ces citations, le tout reste trop neutre, fade, sage et pas assez abouti à mon goût. La scène des champignons hallucinogènes qui débarque en plein milieu du roman et use vainement 30 pages (sur 132, ça fait beaucoup tout de même !) m’a carrément laissé sur le carreau. Et contrairement à Sébastien Almira (une des seules bonnes critiques que j’ai réussi à dénicher !), j’ai trouvé ça inutile !

Décidément, j’aurai découvert avec grand plaisir cette écrivain dans « Biographie de la faim » qui restera, pour le moment (ne désespérons pas !) l’un des seuls très bons livres de l’auteur que j’ai lus.

(Parait que ‘Métaphysique des tubes », « Ni d’Eve ni d’Adam » et « Hygiène de l’Assassin » sont vraiment bien ! Ses livres autobiographiques donc… Je ne serai donc tombé que sur les mauvais ?!)


Je vous laisse en compagnie d’un passage qui m’a énormément touché (histoire de ne pas me sentir trop méchante en partant !) :

« Tomber amoureux l’hiver n’est pas une bonne idée. Les symptômes sont plus sublimes et plus douloureux. La lumière parfaite du froid encourage la délectation morose de l’attente. Le frisson exalte la fébrilité. Qui s’éprend à la Sainte Luce encourt trois mois de tremblements pathologiques.

Les autres saisons ont leurs minauderies, bourgeons, grappes et feuillages où engouffrer ses états d’âme. La nudité hivernale n’offre aucun refuge. Il y a plus traître que le mirage du désert, c’est le fameux mirage du froid, l’oasis du cercle polaire, scandale de la beauté rendu possible grâce à la température négative. L’hiver et l’amour ont ceci de commun qu’ils inspirent le désir d’être réconforté d’une telle épreuve [...] »

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Un Prophète

8 09 2009

13/20

un-prophete

Réalisé par Jacques Audiard

Avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif

Policier, Drame

Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans.
D’emblée, il tombe sous la coupe d’un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des ” missions “, il s’endurcit et gagne la confiance des Corses.
Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau…

Comment commencer cet article sans décevoir beaucoup de cinéphiles (dont Pascale qui a tout simplement adoré ce film !) ?

Tout le monde sait qu’ « Un Prophète » a remporté le prix du Grand Jury au Festival de Cannes. Je m’attendais donc à un film complexe et torturé. Ca a été le cas.

J’ai beaucoup aimé le début, et notamment les jeux de caméras sur les barreaux et les grillages, symboles de l’incarcération. La musique a un grand rôle dans ce film aussi : elle installe un climat tendu et calme à la fois.

Le personnage de Malik évolue, comme on peut s’en douter, tout au long du film et c’est là sa principale qualité. De la canaille timorée et craintive il devient un truand respecté dans toute la centrale. Or, sa montée en puissance d’une durée de 2h35 m’a paru longuette. Je mettrai en avant le talent et évidemment la beauté de Tahar Rahim qui a beaucoup aidé à me faire passer 2h35 pas si ennuyantes mais le scénario m’a tout simplement barbé à partir de 15h50 précises, c’est-à-dire après 1h35 de film, et donc pendant l’heure restante… Les histoires de gangs, Corses versus Arabes, shit caché dans une station service, négociations avec le Gitan, etc m’ont conduit à bailler très fortement et à voir du sang giclé, des balles fusées sans rien n’y comprendre.

Bref, la démarche m’a semblé bonne dans la première heure et demie, et s’est vite épuisée voire égarée pour conduire le petit devenu grand Malik à sortir de prison.

Youhou, happy end !… alors oui, je le dis haut et fort, ce film n’est pas mauvais mais je ne vois pas pourquoi tant de passion et d’agitation. Mais ça n’est que mon avis et venir me contredire me ferait le plus grand plaisir !

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LA-HAUT

4 09 2009

15/20

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Réalisé par Pete Docter, Bob Peterson

Avec Edward Asner, Jordan Nagai, Bob Peterson

Animation

Quand Carl, un grincheux de 78 ans, décide de réaliser le rêve de sa vie en attachant des milliers de ballons à sa maison pour s’envoler vers l’Amérique du Sud, il ne s’attendait pas à embarquer avec lui Russell, un jeune explorateur de 9 ans…

Pourtant pas fan de dessins animés pour un sou, l’accueil triomphal que « Up » a reçu au festival de Cannes ne m’a évidemment pas laissé indifférente. Et lorsque j’ai vu l’affiche, j’ai de suite été emballée. Depuis ce moment-là, je suis en admiration béate et enfantine devant ces milliers de ballons. Leur couleur m’a tout simplement subjugué et j’en reste encore coite.

Ni une, ni deux, j’ai donc trimballé ma sœur au cinéma dès mes premières heures de vacances pour voir tous ces « balloons » sur grand écran… Faut dire que la bande annonce est tout aussi alléchante et le graphisme m’a particulièrement plu.  Et puis ces deux bouilles là, franchement, m’ont fait craquer :

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Bref, ça c’était tous les éléments qui m’ont donné envie. Mais qu’est-ce que j’en ai pensé au final ? Après tout l’enthousiasme que j’ai eu à vous décrire mon enthousiasme pour aller le voir…. j’avoue avoir été un peu déçue. J’ai dit « un peu ». Ne vous y trompez pas, ce dessins animés est très bon ! Mais peut être ai-je mis la barre trop haute.

Explications : les couleurs, du début à la fin m’ont émerveillé, telle une gosse de 4 ans. Le graphisme est complètement ahurissant. Pour ce qui est de l’histoire, je trouve les thèmes abordés très actuels et éducatifs. La solitude des personnes âgées est à mon goût trop peu souvent traitée au cinéma, et y amener des enfants est une très bonne chose. Toutefois (voici le bémol) l’aventure, bien que très belle, m’a paru longue en son milieu. L’histoire avec Kevin est un peu brouillon à mon goût et le film verse dans les péripéties en fin de séance seulement, comme s’il fallait réveiller le spectateur…

Au final, retenez tout de même que j’ai beaucoup aimé le film et que visuellement parlant, il est tout simplement parfait et plaira à petits… et moins petits !

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